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Batman - Vagabond - Le pouvoir et la mort

le Jeu 28 Juin - 14:37
Les ruelles de Gotham City sont froides, toujours vêtues de noir. J'ai beau faire des chèques pour y installer des lumières, restaurer des parcs et lieux publics qui pourraient créer de l'affluence et de la vie, agir pour qu'on y fasse installer des caméras !... elles se drapent toujours du même mystère qui les caractérise déjà trop bien... Elles pourraient dévorer vif le premier ingénu qui oserait s'y engouffrer sans le confort de la lumière en un simple instant insensible, sous le silence d'une lame fine, main ferme et cruelle. Non... Pas cette rue. Pas ce soir :

Je suis là.


Comme un ange gardien plein de merveilles. Une patrouille qui aspire à l'omniscience. Toujours pratique pour se délasser, méditer entre deux enquêtes trop longues et harassantes. Plutôt que d'aller au Bahamas, voir Paris ou Berlin, je me conforte en affrontant du menu fretin, de la racaille. Pourtant, je réfléchis toujours. Avec cet esprit retors unique qui est le mien. Je fais des constructions mentales qui feraient pâlir de honte les merveilles du monde... Quelle arrogance. Je pense en tous cas par concepts, rhizomes, thèses et antithèses. L'empirique et son armée. Mon cerveau est un vrai labyrinthe mortel. Tous ceux qui ont voulu le pénétrer ont fait face à mon Minotaure, l'aporie. Mais... j'ai pourtant déjà failli. Face aux femmes de ma vie, à mes échecs, à mes propres gouffres déjà trop nombreux pour une vie si courte. Déjà quatre décénies. Je pense toujours à elle. A la Mort et sa tendre fille, la Peur. Celle qui m'a affligé, plus petit. Celle qui m'affligera encore et encore. C'est elle, ma plus grande enquête. Mon affaire à moi et celle de tout les êtres pensants de la Terre. Celle qui occupera toute mon existence. Le mystère : quand viendra t'elle ? Le modus operandi : fin de toute fonction vitale de 1001 façons. L'ouverture : vais-je céder à la bête qui nous habite, moi et mon fils, et l'infliger à autrui ?

Le pouvoir. La mort.

On clame l'Eros et le Thanatos, mais je ne vois qu'un désir de puissance opposé à l'absence de toute chose. L'Eros est Puissance. Le plein contre le vide. Le monde entier est régit par ce primaire principe. Ici, les businessman veulent toujours plus. Le sexe, l'argent, la drogue. La prise de pouvoir. On prend le bonheur, le plaisir, l'amour, le succès, par la Force du pouvoir. Et son absence ? Le cauchemar infini. On m'en demande toujours plus, à moi aussi. J'incarne donc le pouvoir, et sa pernicieuse tendance à toujours se nourrir de la faiblesse des autres. Je dévore des entreprise, met des CEO sur la paille. C'est ca, le business. Il n'a rien de joli, de naif, ou de charitable. Je fais des chèques pour des associations du tiers monde, grand coeur, mais il restera toujours une part d'ombre à Wayne industry : on ne fait pas naître un Leviathan sans dévorer, conquérir, éradiquer les concurrences dans l'oeuf. Un véritable tueur en quête de puissance.

Et la nuit. Non. Jamais la mort. Mais la Peur. La Peur d'être dépossédé, de perdre, de se réduire. Mon alter-ego.

Me voila interrompu par une ombre furtive, puis un son résonnant. Des pas, au loin. Une dispute. Déjà ? Il n'est qu'une heure du matin. Ils sortent d'un bar, et vont probablement se battre au vu des mots échangés, de la manière qu'ils ont, chacun, à se dévêtir pour être dans des conditions optimum. Je devrais probablement les laisser. J'aurais vraiment la sensation d'être pitoyable si je devais m'occuper de ce type de querelle d'ivrognes. Mais comme un calcul a deux inconnus, deux nouveaux éléments s'ajoutent à l'équation. L'équilibre est rompu, situation spécifique à trois contre un, intervention requise pour éviter un tabassage inutile, ou pire, un meurtre sordide.

Je déploie ma cape, porté par la nuit noire et ses larges mains. Je sens l'air se contracter, leur instincts dirigés vers moi comme des bêtes mourantes et suppliantes, injuriant regards écarquillés le destin, dans l'instant jouissif qui précède la Peur la plus pure.

Sécrétion d'adrénaline, rythme cardiaque rompu jusqu'à l'implosion, elle est là. Dans leurs jambes qui tremblent déjà, dans les battements de tambour de la guerre qui anime le séculaire désir de survie qui prévaudra toujours à celui de la conquête. Ils tombent d'eux même, peinent à sortir leurs lames.

Gotham m'avait peut être oublié, mais me voila, à jamais !


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