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[Rang 1] Linge Sale

le Sam 31 Mar - 23:59
Spoiler:
"Linge Sale"

"Bon. Elle est morte. Ca va, t'as déjà vu des morts non ? Va te débarrasser du corps auprès du Docteur. Il saura quoi faire des organes qui restent."

Objectif : Amenez un corps au "Docteur", au sud de Diamond District.

Mandataire : Simon du gang de Spider Sr.





- Beuuaaargg..


Deux heures du matin. Deux putain d’heures du matin, et moi, moi j’étais en plein Gotham. Au volant de la mercredes noire que me ‘prêtait’ la Prey, je me pétait les yeux face aux fares qui m’arrivaient en plein visage, et maintenant, maintenant il fallait que l’autre con se mette à dégueuler. Autant j’appréciais la vie nocturne, autant prendre le volant et rester le cul sur le fauteuil pendant trois quarts d’heures m’exaspérait assez. Merde, mais c’est qu’il recommençait à vomir ses trippes..

- ‘fui ‘é’olé ‘Pid, v’’ai’ent ‘é’oé..
- Tony, redis encore une fois que t’es désolé et je..


Et son chat totalement déglinglé me sauta dessus, toutes griffes dehors, sûrement trop agressé olfactivement pour correctement réfléchir. Donnant un brusque coup de volant, je réussis à ne pas rentrer dans d’autres voitures en corrigeant rapidement le tir. Deux heures du matin, et ces abbrutis derrière me klaxonnaient. Puis l’autre naze là, qui tentait vaguement de reprendre sa bestiole tout en baragouinant avec une haleine pestilentielle des excuses dignes des pires ivrognes. Mais la boule de poil restait fermement accrochée à mon tailleur, sur mesure, et j’entendais distinctement le tissu qui commençait à se déchirer. J’ai ouvert la fenêtre. Saisit le chat. Et l’ai fait sortir. Avant de refermer la vitre, et de savourer le silence que provoquait la stupéfaction dans l’esprit de Tony. Ce qui était bien chez les gens saouls, c’était qu’ils étaient un peu longs à la détente, et ce n’est que deux minutes plus tard, pendant lesquelles j’observais du coin de l’œil son visage se décomposer lentement, qu’ils commença à beugler crescendo. Putain. Tattant la boite à gant à l’aveuglette, je trouvai ma boite de médicaments et en goba deux. Avant de frénétiquement appuyer sur le klaxon.
LA FERME, Tony.
LA FERME, TONY.

- Espèce de..
- J’vais te découper mec, tu vas même pas comprendre..
- C’est ça, c’est une habitude dans la famille hein !
- Et de trouver des types morts dans ta baraque c’en est une de la tienne aussi, connard ?!
- JE LA CONNAIS PAS CETTE FILLE J'TE DIS.


Comme à chaque fois que je prenais mes cachets, je me sentais très réactive, très.. Impatiente de faire quelque chose. Un quelconque médecin m’avait dit qu’à force de me gaver de ces pillules, ma pression artérielle augmentera progressivement, et même si je ne voulais pas crever, c’était si bon, oh, si bon de sentir ce frétillement jusqu’au bout des doigts. Même si actuellement, le bout de mes doigts se serait bien planté dans ses yeux exorbités de merlan-frits, et je l’aurais fait, oui, oui je l’aurai immédiatement fait, seulement je venait de me faire une manucure ce matin même.. Attendre. Il fallait que j’attende et que je continue de riposter en hurlant plus fort que lui dans la bagnole luxueuse mais totalement défoncée à cause de son penchant vers le whisky. Quand on choisit sa drogue, mieux vaut en choisir une qui ne salit pas aussi. Quelques minutes. Plus que quelques minutes avant d’arriver dans son immeuble de seconde zone, fait de briques d’un rouge passé, puant la pisse de chat. J’accélérais. Vite.

J’arrachais les clefs du contact et sortit immédiatement du véhicule. Non pas à cause de la nausée qui avait commencé à me gagner, mais surtout pour m’empresser d’ouvrir la porte à mon agréable passager. Le trainant par le col à l’extérieur, il devait bien avoir besoin d’aide vu les kilos en trop de bière qu’il avait, il se dépêcha de me mener à son appartement. Enfin, son placard aurait été plus juste. Un salon-cuisine-chambre de probablement vingt pauvres mètres carrés était agencé de telle sorte, avec un tel bordel, que l’on se serait cru dans un dépotoir ambulant, et dans une pièce encore plus petite qu’elle ne l’était. C’est pourtant vers la petite colline de sacs poubelle que Tony se précipita, tandis que je restais à une bonne distance de l’amas, persuadée qu’il allait tomber et déverser son contenu sur mes escarpins en daim. Mais de sacs en sacs, je commençais à distinguer une masse, une forme, un corps qui en dessous avait été caché. Bravo mon gros, c’est sûr que tes déchets cachaient très bien l’odeur cadavérique de la pauvre femme ensevelie là-dessous. Je m’approchais alors de son visage intact, de son corps visiblement intact de toute blessure – autre que la plaie béante au niveau du cou – et ses vêtements paraissaient bel et bien indiquer qu’elle devait vivre dans le même endroit que Tony. Je l’espérais un peu moins bordélique.

- J’attends.
- De quoi ?
- Que tu m’expliques ce que je fiche ici.


Aha, il dégrisait Mr. Vomitif. Ça se voyait, dans son regard. Il pigeait qu’il était mal. Il pigeait enfin que j’étais la fille du boss, celle qu’on ne dérangeait qu’en cas de gros problèmes – et généralement en vue de lui payer un pot après. Durant les quelques secondes de silence que je lui laissais de bonne grâce, il comprennait que son réflexe de m’appeler parce que le bruit avait courru que j’étais revenue à Gotham avait été mauvais. Un très, très mauvais réflexe. Instinctivement, il porta la main à la poche arrière, avant de se raviser. Si jamais la moindre balle m’effleurait, il aurait non seulement un espérance de vie très raccourcie, mais également une mort des plus lente. Je me demande si le type qui coupe les phalanges est toujours au service de papa. Lui, il doit sûrement le savoir, et le voir trembler comme une feuille n’était qu’une mince compensation de tout le trajet que je venais de faire, ainsi que le sacrifice de la moquette de ma voiture de fonction. Pour. Un cadavre inconnu. Parce que monsieur avait eu peur sur le moment. Parce que monsieur a sûrement du devenir un gentil castré à force de côtoyer son chat puant. Je souris. Ce n’était même pas un sourire amusé, juste un signe qui lui annonçait rien de bon. Portant une main à la poche intérieure de ma veste Prada, je sortis une lame et me mis à sa hauteur. Il n’osait pas bouger.

- Je vais te faire comprendre. Je vais te faire comprendre que tu as vomi dans ma Mercedes classe SL. Je vais te faire comprendre que tu m’as ammené dans ton trou juste parce que t’as pas de couilles. Je vais surtout te faire comprendre, Tony, que lorsqu’on fait partie des Spider, on fait partie d’une organisation. Pas d’une famille. Compris ? Répète après moi. Pas-d’une-famille.


Mes yeux plantés dans les siens, je faisais glisser l’arme sur ses pomettes, longeant lentement la bordure de ses yeux, comme une araignée qui pourrait mordre à tout instant si elle sent que quelque chose ne se déroule pas comme prévu.

- P-p-a-as d’unefa-mi-mille.
- C’est bien mon grand. Tu as compris. La leçon principale à retenir est surtout à quel point, oh, à quel point tu t’es cru dans un film, et à quel point tu m’as ennuyé cette nuit. Tu as du me considérer comme une putain toute à l’heure, lorsque tu me disais tes gentillesses et, à l’évidence, j’en suis pas une. J’aime pas me faire baiser à presque trois heures du matin par un minable informateur qui se retrouve avec une fille trop froide à son goût. Et tu sais quoi Tony ? Tu m’as vraiment, vraiment bien baisé.


C’était pire que moi quand j’étais en manque. Ses bras faisaient presque des va et viens nerveux tant il tremblait, et pourtant, lorsque je m’écartas un peu de sa personne, il semble reprendre son souffle. Avant que je ne lui tranche la gorge d’un coup sec. Quel imbécile. Il croyait vraiment que j’allais lui faire la leçon et repartir comme une fleur ? Si je m’étais reculée, c’était juste pour ne pas avoir de belles tâches de sang, parce que je peux vous assurer qu’à la gorge, c’est une vraie fontaine cette saloperie.
Tandis que son petit corps rond tombait au sol près de celui de la fille inconnue, je pris mon téléphone personnel et appela Simon, le bras droit du padre. Nous étions sur un pied d’égalité, mais vu que c’était lui qui m’avait transmis le message d’aide de Tony (oui parce que Monsieur ne pouvait y aller lui-même, il était en même temps sur une réception de divers colis), je pense qu’il entendra parler de moi. La discussion fut courte car il était toujours indisponible, mais le fait était que je devais amener le cadavre à un certain ‘Docteur’, qui se chargera d’examiner le corps et surtout, de nous donner les quelques organes sympas à revendre par la suite. J’ai hésité un instant entre prendre le gros Tony et la fille, avant de me décider sur l’inconnue. Elle au moins aura un cœur qui ne sera pas entouré de graisse.


Il était trois heures vingt lorsque je suis revenue à Diamond Street. L’odeur froide et écoeurante des quelques restes de l’imbécile m’avaient aidé à rentrer sans presque décélérer tout le long du trajet. Me garant, je sortis enfin avec un sac de golfe à l’épaule. Extérieurement, il devait paraitre assez rempli et lourd vu comment je penchais, mais vu ma finesse, n’importe quel badaud encore debout à cette heure pourrait en déduire qui je n’ai juste pas beaucoup de force. Mes chaussures me faisaient mal et je marchais sur des œufs alors que je cherchait du regard le numéro me menant chez ce docteur. Ah. Vivement demain ou je pourrai mettre des chaussures confortables avec quelques trois centimètres de hauteur. Vivement le moment ou je pourrai rentrer chez moi et dormir. Et m’enlever cette odeur de vomi de la tête. Et boire un verre de champagne. Et manger un truc. Une barre aux céréales.
12bis. A défaut de barre de Spécial L(ight), je devais me contenter d’un immeuble de style ancien et bien sûr, sans ascenseur. Il était au quatrième étage, et monter toutes ces marches avec un cadavre à l’épaule était une véritable épreuve. Au rythme ou j’allais, je trouvais ce que j’allais dire à Simon, à sa manière d’agir, de réfléchir, de me choisir soi-disant parce que je sais tout résoudre alors qu’il n’y avait là strictement rien à résoudre. Mais bien sûr ! Une fois arrivée devant la porte, je frappai deux fois et une quinquagénaire vint m’ouvrir et me faire entrer.

- C’pour quoi ?
- Un verre de champagne.
- A c’t’heure là mademoiselle, je la ramènerai pas.
- J’imagine, c’est plutôt en pleine journée qu’on ammène un cadavre gorgé de mouches pour qu’on lui extraie les organes n’est-ce pas ?


Elle avait un brushing passé de mode, un brushing qui donnait plus l’impression qu’elle avait une motte de foin sur la tête que des bouclettes faites avec des bigoudis des heures durant. Par dessus ses lunettes rondes et crasseuses retenues par un cordon de perles en plastique, elle m’observait comme si j’étais une personne qui devait avoir peur d’elle et non l’inverse. Tirant une bouffé de cigarette, elle continua finalement.

- Vers une heure de l’après-midi, ça sera bon. Ç’a quel nom ?
- Tony. Une personne viendra le chercher au nom de Tony.


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