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[Rang 1] Linge sale

le Mer 28 Mar - 12:17


- Bordel, putain. J’suis dans la merde. J’voulais pas, non, j’voulais pas.

L’homme était complètement paniqué. Le revolver encore fumant était logé dans le creux de sa main et il faisait les cent pas à côté du cadavre de son ancien collègue. Il ne savait pas quoi faire, ce n’était pas la première fois qu’il tuait un type, mais c’était la première fois qu’il en tuait un qu’il appréciait et respectait. L’homme et le cadavre portaient un t-shirt assez similaires dans le ton et les couleurs, ils devaient sûrement faire partie du même gang. Déjà, des chats de gouttière faméliques se réunissaient, attirés par l’odeur du sang. Une autre sorte de charognard apparut alors, à moitié-visible dans l’obscurité de la petite ruelle dans laquelle ils se trouvaient. Le tueur vit un imper brun aboutissant à des chaussures de marche. Le nouveau-venu s’avança et fut un temps illuminé par le clair de lune. C’était un vieillard, et même la lumière ne parvenait pas à éclairer totalement son visage, tant les ombres venaient se loger dans ses rides.

- Ne t’inquiète pas, petit, on va arranger ça.

Le ton de la voix était rassurant, presque paternel. Le gangster ne fut même pas tenté de lever son revolver pour braquer le nouveau venu.

- Pourquoi est-ce que tu m’aiderais ?
- Et pourquoi ne t’aiderais-je pas ? J’aime porter secours à mes concitoyens, du moment que ceux-ci me le rendent bien.
- J’ai pas de fric pour toi, vieil homme.

Le gangster vit un changement subtil dans les yeux du vieillard, comme si une lueur de colère venait de s’y loger.

- Ne m’insulte pas, gamin. J’en ai rien à foutre de ton argent. J’connais un type au sud de Diamond District. Non seulement il fera disparaître le corps, mais en plus il te payera pour l’avoir. C’était un ami à toi ?
- Mon supérieur chez les Black Wolves, répondit l’homme d’un air sombre.
- Bon, t’as une caisse, ou un quelconque moyen de transport ?

Le Black Wolf lui répondit que oui et indiqua l’emplacement de sa voiture, à deux pâtés de maison. Oscar lui intima d’aller la chercher et de la ramener dans le coin, histoire de ne pas se balader avec un cadavre chaud sur les bras à la vue de tous. Une fois l’homme revenu, ils transportèrent le corps à deux et l’installèrent dans le coffre.
Le gangster conduisit, suivant les indications d’Oscar. Ils discutèrent de ce qu’il s’était passé durant le trajet. Le vieillard apprit que le gamin s’appelait Walden et que son chef était un camé pur et dur. En pleine crise de manque, il avait agressé son subordonné pour lui piquer son blé, histoire de s’acheter une dose ou deux. Le chef avait sorti son flingue et, avant qu’il ne puisse le braquer sur Walden, celui-ci lui avait sauté dessus. Dans la lutte qui s’ensuivit, le coup était parti, perforant l’estomac du chef.
Lorsqu’ils croisèrent une voiture de flics, Walden fut en proie à la panique et il bifurqua sans prendre en compte les indications d’Oscar. Ce dernier réalisa alors que le gangster n’avait pas peur qu’on l’arrête avec un cadavre. Mais il avait peur qu’on l’arrête avec CE cadavre. Si les flics découvraient ça, son gang ne tarderait pas à entendre parler de la lutte fratricide. Et il ne donnait pas cher de sa peau.

- Tourne à gauche et arrête-toi au coin de la rue, fit Oscar.

Walden obéit. C’était un bâtiment miteux, où la peinture s’écaillait depuis des lustres et où tout espoir de le rendre agréable à l’œil avait été abandonné depuis mathusalem. Une pancarte était accrochée sur la porte, il était juste inscrit « DOC » en grand. Aucun nom, juste Doc. Oscar tambourina la porte et, à peine quelques secondes plus tard, un homme lui ouvrit.

- Tiens, Oscar, fit-il. Ca faisait une paye, mais celui-là m’a l’air un peu trop vivant pour moi, mon ami, ajouta-t-il en voyant le jeune homme qui accompagnait Oscar.
- Ce n’est pas lui que j’t’apporte, vieux fou. Ta pitance est dans le coffre.
- Garez la caisse dans la ruelle, je sors par derrière.

Walden conduisit la voiture dans la ruelle adjacente au bâtiment. Le Doc sortit par une porte dérobée, à peine visible dans la noirceur et la pourriture des murs.

- Bon, Walden, j’te laisse avec le Doc. Doc, tu lui fileras le pognon.
- Bordel, vieux, t’as assuré. J’oublierai pas ce que t’as fait pour moi.
- Je l’espère bien, petit. Un jour, je te retrouverai et je te demanderai un service.
- Je te le rendrai, mec. Sois-en sûr!
- Je n’oublierai pas ce que tu viens de dire.

Fit le vieillard en tapotant sa tempe de son index. Ce fut les dernières paroles qu’entendit Walden de sa bouche, avant que le vieillard ne disparaisse dans la pénombre, aussi mystérieusement qu’il était apparu.

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