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HQ's Chronicles : Top 3 des films de science-fiction

le Jeu 15 Mar - 18:48
Top 3 des films de science-fiction


Orange Mécanique (1971)

Titre initial : A Clockwork Orange
Réalisateur : Stanley Kubrick
Dans une Angleterre futuriste, Alex DeLarge – incarné par Malcolm MacDowell – est un jeune délinquant obsédé par ce qu’il nomme l’ultraviolence. Lui et sa bande, ses droogies, errent dans la ville en enchaînant les viols et les passages à tabac. Lors d’un cambriolage, Alex commet un meurtre et est trahi par ses droogies : il est condamné à 14 ans de prison. Pour en sortir au bout de deux ans, il se porte volontaire pour tester une nouvelle thérapie, le traitement Ludovico, qui a pour but d’éradiquer la délinquance. Le traitement consiste en un conditionnement où les scientifiques forcent Alex à associer certains stimuli, comme des scènes de violence projetées sur un écran - qu'il est forcé de regarder à cause d’une machine qui lui maintient les yeux ouverts - aux douleurs provoquées par les drogues qu'on lui administre. Alex, l’ « humble narrateur », s'exprime dans un argot anglo-russe auquel l'auteur du roman dont est tiré ce film (A Clockworck Orange, 1962), Anthony Burgess, a donné le nom de Nadsat. Dans les diverses éditions du roman, un glossaire est d’ailleurs ajouté au récit, ce qui prouve bien l’omniprésence du Nadsat, qui pourtant n’entrave pas la compréhension de l’histoire. Orange mécanique a suscité bien des controverses à sa sortie au Royaume-Uni. L’opinion publique fut globalement choquée par une violence rendue esthétique : l’ultraviolence y est représentée comme une festivité, presque un art. Certains délinquants se sont réclamés du film pour justifier des actes de violence, le réalisateur Stanley Kubrick reçut même des lettres de menace. Il fut tellement harcelé qu’il décida lui-même de retirer le film des salles : Orange mécanique ne sera plus projeté au Royaume-Uni avant 2000, c’est-à-dire, après la mort de Stanley Kubrick. Pourtant, le réalisateur a mis en avant une certaine ambiance malsaine plutôt qu’un enchaînement de scènes crues. De plus, l’adaptation cinématographique a plutôt adouci certains éléments du roman : par exemple la jeune fille violée au début du film était une enfant de dix ans dans le livre. Il semblerait que l’opinion publique n’ai pas perçu l’objet du film (et du livre) qui n’est pas une apothéose de la violence, mais bien une exaltation du libre-arbitre – cette valeur est par ailleurs représentée par l’aumônier de la prison. Il est également à noter que Kubrick, par son choix de supprimer le dernier chapitre du roman de Burgess dans son adaptation – ce qui est par ailleurs le cas dans la version américaine du livre, a peut-être mis de côté cette valeur. A la fin de L’Orange Mécanique, en effet, Alex choisit de faire table rase de son passé de délinquant pour rentrer dans le rang, se marier et avoir des enfants. Une fin moins magistrale que le « I was cured. All right ! » déclamé par Alex dans le film de Kubrick.

L’Armée des douze singes (1995)

Titre initial : 12 monkeys
Réalisateur : Terry Gilliam
Dans un futur proche, la surface de la Terre est devenue invivable à cause d’un virus mortel d'origine inconnue qui a tué une grande partie de la population : les survivants vivent sous terre. Pour tenter d’améliorer leurs conditions de vie, des scientifiques envoient un prisonnier, James Cole (Bruce Willis) en 1996, date où le virus aurait commencé à sévir. Mais il est envoyé par erreur en 1990. Afin de mener à bien cette mission, Cole n’a que peu d’informations, si ce n’est le nom d’un groupuscule qui aurait tenté de trouver un vaccin au virus, un groupuscule nommé « L’Armée des 12 singes ». Eh oui, encore un film où Bruce Willis est en mission pour sauver le monde ! Mais, rassurez-vous, L’Armée des douze singes est un bien meilleur film qu’Armageddon. Terry Gilliam est un membre des Monthy Python, le seul américain de la bande, et celui qui a eu le plus de succès dans ses œuvres personnelles. Gilliam a en effet réalisé, entre autres, le terrible Brazil et plus récemment, L’Imaginarium du Docteur Parnassus. L’Armée des douze singes est l’un des films sur le voyage dans le temps les mieux réussis. Il est également un hommage à deux films : à un moment donné de L’Armée des douze singes, les héros se retrouvent dans un cinéma où est projeté Sueurs froides (ou Vertigo) d’Alfred Hitchcock dont la séquence choisie – les cercles dans un tronc d’arbre – fait écho à la fois au voyage dans le temps et à La Jetée, le moyen métrage de Chris Marker, dont le film de Terry Gilliam est inspiré, et dans lequel il était fait allusion à Sueurs froides : nous avons ici affaire à une référence cinématographique double. L’Armée des douze singes est également l’occasion de voir Brad Pitt incarner éloquemment un malade mental : il aurait passé plusieurs semaines dans un hôpital psychiatrique pour préparer son rôle. La folie est en effet un des grands thèmes abordés par ce film qui étudie le côté subjectif de la mémoire et son effet sur notre perception de la réalité. L’Armée des douze singes est construit de façon cyclique d’où une certaine complexité du récit. La narration est en effet constamment perturbée par le paramètre temporel : plusieurs temps se heurtent et quelquefois se mélangent. Ce film est un déferlement d’objets hétéroclites apparemment sans liens entre eux mais qui sont pourtant étroitement liés pour le spectateur attentif.


Ouvre les yeux (1997)

Titre initial : Abre los ojos
Réalisateur : Alejandro Amenábar
César, un jeune homme de 25 ans, est emprisonné pour meurtre dans un asile psychiatrique. Un thérapeute, Antonio, est chargé de lui rendre visite pour déterminer s'il était en état de démence au moment où il a commis le crime. Le jeune homme semble être troublé par de graves confusions dans sa perception de la réalité – comme Cole de L’Armée des douze singes. Refusant de montrer son visage, il demeure masqué aux yeux du thérapeute. Ouvre les yeux est un de ces films qu’il est difficile de résumer sans en révéler les grandes lignes. Si vous n’avez pas vu ce chef-d’œuvre d’Amenábar, à qui l’on doit également Tesis et Les Autres, vous avez peut-être vu son remake américain, Vanilla Sky de Cameron Crowe, qui est une copie très conforme à celle de son homologue espagnol. Le réalisateur du remake a même réembauché l’actrice principale du film d’Amenábar, Penélope Cruz, qui reprend également le rôle de Sofia. Ouvre les yeux est un film plutôt complexe (plus en tout cas, que le remake américain), où la réalité et le rêve se fondent et se confondent sans cesse – l’affiche nous montre par exemple un miroir, objet central de l’œuvre, puisque symbole d’un passage entre deux états. Il paraîtrait que si ce thème du rêve est si présent dans Ouvre les yeux, c’est parce que son réalisateur en aurait imaginé le scénario après une longue grippe peuplée de terribles cauchemars. Amenábar laisse planer des zones d'ombre – comme dans Les Autres, laissant une grande place à l'interprétation du spectateur. Le récit est audacieusement tordu, très inquiétant, mais globalement très prenant. Le visage du héros, César, est par exemple, masqué ou maquillé pendant une grande partie du film – ce film est aussi une réécriture de La Belle et la Bête. Ce masque ressemble par ailleurs beaucoup à celui porté par l’héroïne du récent La piel que habito de Pedro Almodóvar : un autre très bon film de science-fiction espagnol, comme on en voit peu. Comme dans le film d’Amenábar, la trame de l’histoire est morcelée, à reconstituer pour le spectateur. Tout le long d’Ouvre les yeux, un climat de tension est maintenu, d’autant plus trouble que les repères sont constamment altérés. En définitive ce film est un thrilleur psychologique où l’enquêteur est lui-même l’objet de l’enquête.
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