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HQ's Chronicles : Une chauve-souris sur la toile

le Jeu 15 Mar - 18:40
Une chauve-souris sur la toile


En l’attente de The Dark Knigt Rises de Christopher Nolan, qui sortira en France le 25 juillet 2012, nous avons décidé de jeter un œil aux différentes apparitions cinématographiques de la célèbre chauve-souris humaine. Batman est l’un des personnages centraux de DC Comics, l'une des principales maisons d’édition américaines de bandes dessinées. Il y côtoie des super-héros tels Superman, Flash et Wonder Woman. Batman est avec Superman l’un de ces héros les plus adaptés au cinéma. Après deux séries télévisées – Batman (1943) et Batman and Robin (1949) – le premier film racontant les aventures du justicier Batman sortit en 1966 et fut réalisé par Leslie H. Martinson. Mais nous nous intéressons ici aux adaptations les plus récentes, exécutées par trois réalisateurs différents de 1989 à nos jours.


Batman (1989) et Batman Returns (1992) de Tim Burton

Tim Burton offre ses lettres de noblesses aux films de super-héros, qui auparavant se réduisaient principalement aux Superman. Ses deux films ont privilégié l’aspect cartoonesque des comics Batman : le premier d’entre eux est par ailleurs à l’origine de Batman The Animated Serie, qui est encore très souvent rediffusée sur nos écrans. L’influence de ce film sera notamment perceptible dans la réutilisation d’un Gotham rétro et sombre, mais aussi grâce au thème musical de Danny Elfman, qui restera dans les mémoires comme LA musique de Batman.
Dans son premier Batman, Burton met en scène le milliardaire justicier (sous les traits de Micheal Keaton, qui avait déjà collaboré avec le réalisateur en incarnant Beetlejuice) en début de carrière, mais surtout sa rencontre avec son plus fidèle ennemi : Jack Napier alias le Joker. C’est à Jack Nicholson que revient le rôle du clown psychopathe – lequel Jack Nicholson avait déjà terrorisé les spectateurs dans Shining de Stanley Kubrik et visité un asile psychiatrique dans One Flew Over the Cuckoo's Nest de Milos Forman. Jack Nicholson devient un parfait Joker, adoptant admirablement le sourire ravageur du super vilain. Le scénario lui offre de très bonnes répliques (du genre « J’ai la tête de quelqu’un qui plaisante ? ») et une histoire particulière – mais non spécifique au film de Burton, les comics divergent à ce sujet – qui fait de lui le meurtrier des parents de Bruce Wayne. Tout autant que Batman créé le Joker en le laissant malgré lui tomber dans une cuve d’acide, c’est le Joker qui fait de Bruce Wayne un justicier en lui insufflant dès l’enfance une répulsion envers le crime. Le Joker de Burton est un joyeux mais colérique criminel qui distribue l’argent volé dans les banques à la population de Gotham mais ravage un musée en dansant sur du Prince.
Batman Returns ou Batman : le défi en français, est la suite du Batman de 1989 ; il mettra en scène deux super-vilains : Selina Kyle alias Catwoman (Michelle Pfeiffer) et Oswal Cobblepot le Pingouin (Danny De Vito). Ce Batman est donc très bestial ! Cette suite sera dans le même ton que le premier Batman, sombre et drôle à la fois, avec deux super-vilains très différents : une Selina Kyle auparavant solitaire et fragile devenue une cruelle mais envoûtante criminelle engoncée dans du cuir verni, et un horrible homme pingouin ayant souffert du rejet de ses parents et déterminé à détruire la ville sous l’influence d’un homme d’affaires véreux – Max Shreck incarné par Christopher Walken. Ces deux super vilains ne sont pas aussi fondamentalement mauvais que le Joker, mais le film est néanmoins plus violent que le précédent. L’antagonisme entre Batman et ses deux ennemis est également diminué notamment par le flirt entre Bruce Wayne et Selina Kyle et la pitié que lui inspire le Pingouin. Ces ceux Batman sont donc globalement des réussites mais beaucoup de fans du comics privilégierons les récents films de Nolan, qui sont bien plus matures.




Batman Forever (1995) et Batman and Robin (1997) de Joel Schumacher

Les deux Batman de Schumacher sont universellement considérés comme les moins réussis. Schumacher s’excusera même auprès des fans pour Batman and Robin. Grandement édulcorés par rapport à ceux de Burton, ils resteront également bien fades en comparaison des futurs films de Nolan.
Batman Forever aurait pu (du ?) être réalisé par Tim Burton mais celui-ci ne voulut pas refaire une suite, il laissa donc les rênes à Schumacher et se contenta du rôle de producteur. Le film de 1995 a une approche moins glauque que les Batman de Burton car la Warner Bros cherchait à en faire un divertissement familial, un film tout public, c’est-à-dire un blockbuster. La sombre Gotham s’est grandement colorisée ainsi que ses vilains, qui ne font plus vraiment peur (et à peine rire). Le seul élément des films des Burton à survivre à Joel Schumacher est Micheal Gough, interprète d’Alfred Pennyworth. Micheal Keaton est ici remplacé par Val Kilmer, le premier n’acceptant pas les projets de Schumacher – comment l’en blâmer ? Dans ce film, Batman prendra sous son aile un jeune orphelin, Dick Grayson (Chris O’Donnell) qui deviendra rapidement le premier Robin. Deux méchants combattent cette fois-ci le justicier masqué, Harvey Dent alias Double Face (Tommy Lee Jones) et Edward Nygma/l’Homme Mystère ou The Riddler (Jim Carrey). Si la dualité du personnage de Double Face est exacerbée au point de le rendre absurde, l’Homme Mystère et son obsession des questions et énigmes reste un super-vilain plutôt bien interprété.
Batman and Robin (1997) est certainement l’un des plus gros navets de l’histoire du cinéma avec notamment 11 nominations aux Razzie Awards de l’année 1997. Il n’en reste pas moins un film à voir, ne serait-ce que pour savoir ce qu’il ne faut pas faire dans un film sur Batman. Batman and Robin plonge profondément dans la brèche nanardesque de Batman Forever, faisant par exemple ressembler Gotham à un décor de Walt Disney. Ce film cumule en outre des acteurs à l’éloquence quasi nulle et aux répliques répétitives – les blagues de Mr. Freeze font peut-être sourire mais nous lassent vite, et ce n’est pas seulement la faute d’Arnold Schwarzenegger – des costumes passablement ridicules (comme celui de Poison Ivy) et une Batmobile… rétro éclairée. Schumacher semble avoir oublié qu’un super héros à l’identité secrète doit être discret quand il lutte contre le crime. Batman est ici incarné par George Clooney, qui n’est pas à la hauteur de son personnage : là encore il n’est pas le seul fautif. En effet, comment pourrait-il être crédible en exhibant une carte bancaire au logo Batman ? Malgré l’ambition de la Warner de rendre ces Batman accessibles à tous, ces films ne seront pas un succès, et il faudra attendre une dizaine d’années avant que le super-héros masqué ne réapparaisse sur les toiles.



Batman Begins (2005) et The Dark Knight (2008) de Chistopher Nolan

Christopher Nolan signe le retour en fanfare de la chauve-souris après le désastreux Batman and Robin. Le défi de faire oublier les deux films de Schumacher n’était certes pas dur à relever, mais Nolan s’en sort de manière admirable, redonnant, dans ce nouveau cycle, un second souffle à l’univers Batman – qui en avait bien besoin. Les films de Nolan font atteindre à l’univers de Batman une grande maturité, laissant de côté l’absurde de Burton et le ridicule de Schumacher. On en vient presque à oublier que Batman c’est quand même un type qui se déguise en chauve-souris. Nolan réussit à se détacher considérablement des deux univers précédents en créant un Batman plus ténébreux que l’ancien (nous parlons de Micheal Keaton, Val Kilmer et George Clooney sont hors concours) et une Gotham transfigurée mais toujours ténébreuse. La nouvelle Gotham (à l’instar de l’ensemble des éléments des films) est bien plus moderne que la gothique cité embrumée de Burton. Nolan aurait été beaucoup influencé par l’esthétique urbaine de film Blade Runner de Ridley Scott (1984).
Batman Begins, comme son nom l’indique, retourne aux sources de l’univers Batman, à la naissance du héros (Christian Bale), en passant par son entrainement martial où il fut chaperonné par celui qui sera l’un de ses grands ennemi, Ra’s Al Ghul (Liam Neeson). Ce film prête une grande attention à l’intimité du héros, à sa métamorphose progressive. Il interroge également la validité d’un justicier masqué pour parer les lacunes de la police. Si l’on se lasse rapidement de sa formation militaire en début de film, la découverte du super-vilain qu’est Scarecrow ou L’Epouvantail (Cillian Murphy), nous rappelle que l’un des plus grands intérêts de l’univers Batman est son éventail d’ennemis mentalement instables. Scarecrow est à l’origine un psychiatre, le docteur Jonathan Crane dont on découvre progressivement les velléités malfaisantes : grâce à une substance toxique hallucinogène, il veut épouvanter les habitants de Gotham jusqu’à ce que ceux-ci en meurent. La toxicité avait déjà été utilisée par le Joker dans le Batman de 1989 mais celui-ci voulait faire littéralement mourir de rire la population de Gotham, le but est contraire, mais dans les deux cas le processus est mortel. Nolan réussit avec Scarecrow, et plus tard avec le nouveau Joker, à rendre les vilains presque plus séduisants que son héros.
The Dark Knight est l’un des plus gros succès de Nolan, mais également l’une des meilleures adaptations de Batman. Laissant de côté les faiblesses de Batman Begins, comme les longueurs d’action, ce film s’épaule d’un solide et dynamique scénario. Signalons par ailleurs que c’est le cas dans la plupart des films de Nolan, qui jouent admirablement sur un crescendo de scènes jusqu’à une fin radicale (Memento, The prestige, Insomnia). Batman se retrouve ici face au Joker (Heat Ledger), comme dans le Batman de 1989, mais ce nouveau super-vilain est plus sombre et nettement moins cartoonesque que celui de Burton. De fait, il n’a pas été plongé dans une cuve d’acide, mais son visage est plein de cicatrices, dont l’origine demeure mystérieuse tant les versions de leur cause divergent. Il est évidemment toujours fou, mais de façon plus pathologique, plus réaliste. The Dark Knight met également en place le personnage d’Harvey Dent, qui était déjà présent dans le Batman de 1989 mais non utilisé en tant que Double Face : le film Nolan présentera le personnage de façon nettement plus élaborée par à rapport à celui de Batman Forever (qui était encore plus clownesque que le Joker). Signalons que The Dark Knight, en plus d’être un très bon Batman, est un excellent de films d’action : il n’est pas simplement un film pour les fans.
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