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HQ's Chronicles : Historique d’un univers simiesque

le Jeu 15 Mar - 18:37


Historique d’un univers simiesque
Tout commence dans les années 60, quand Pierre Boulle, ayant déjà publié plusieurs œuvres dont le célèbre roman de guerre Le Pont de la rivière Kwaï en 1952 – adapté au cinéma par David Lean en 1957 –, écrit une histoire qui fera écho dans le monde entier pour plusieurs décennies. Seules deux des œuvres de Boulle ont réussi à s’exporter et à se populariser, et ce au détriment d’une œuvre aussi prolifique qu’étonnante : il reste néanmoins l’un des auteurs français les plus traduits. Usant de plusieurs styles littéraires, c’est néanmoins dans le domaine de la science-fiction que Pierre Boulle s’est fait une place en tant qu’écrivain : il est considéré, avec Jacques Spitz et René Barjavel comme un pionnier de la S-F française moderne. Dans Les Jeux de l’esprit en 1971, Boulle imagine une dystopie où les scientifiques prennent le pouvoir et contraignent la population à participer à des jeux télévisés extrêmement brutaux ; avec Miroitements en 1982, il dresse le portrait d’un Président écologiste de la République qui accorde le monopole de l’énergie au Soleil, pour le meilleur mais aussi le pire : bon nombre des romans et nouvelles de Pierre Boulle tendent les idées humaines jusqu’à un absurde paroxysme particulièrement effrayant.
Dans le cas de La Planète des singes, publié en 1963, c’est l’humanité elle-même qui est menacée. L’idée majeure de ce roman se trouve dans la remise en question de la suprématie de l’Homme sur les autres espèces. Le roman débute par une expédition spatiale exécutée par trois hommes dont le journaliste Ulysse Mérou, narrateur et personnage principal du roman. Ils découvrent une planète étrangement similaire à la Terre et décident d’y atterrir. Là, ces hommes sont confrontés à une civilisation elle aussi semblable à la leur, mais ce sont ici des chimpanzés, des gorilles et des orangs-outans qui la gouvernent. Des hommes peuplent également cette planète, mais ceux-ci sont restés – retournés – à l’état sauvage, ne possédant même pas – plus – l’usage de la parole. Les singes organisent des parties de chasse avec des êtres humains pour gibier, non pour s’en nourrir, mais s’en servir de cobayes pour des expériences scientifiques. Ulysse Mérou devient alors l’objet de toutes les attentions : il s’agit d’un humain qui parle et qui pense, soit un homme presque aussi intelligent qu’un singe. En apprenant le langage simien, Ulysse en apprend plus sur cette étrange planète et ne cesse de faire la comparaison avec son propre monde. Il finira par comprendre que cette planète si semblable à la sienne n’est autre que la Terre dans un futur éloigné du sien. C’est dans la comparaison entre les deux mondes que réside sans doute le plus grand intérêt du roman – et des films – : les singes reproduisent le même schéma que les hommes. Ont-ils évolué ou bien ne font-ils que singer les humains ? Peut-être ont-ils évolué en imitant les hommes. Cette évolution sera l’un des grands points de divergences entre les différentes adaptations : chez Boulle, nulle intervention de moyens technologiques ou génétiques, c’est le temps et l’imitation qui ont fait changer les singes.
Dans la saga de 1968 à 1973 (La Planète des singes (Planet of the Apes) de Franklin J. Schaffner, 1970 : Le Secret de la planète des singes (Beneath the Planet of the Apes) de Ted Post,1971 : Les Évadés de la planète des singes (Escape From the Planet of the Apes) de Don Taylor, 1972 : La Conquête de la planète des singes (Conquest of the Planet of the Apes) de J. Lee Thompson, 1973 : La Bataille de la planète des singes (Battle for the Planet of the Apes) de J. Lee Thompson) que nous considèrerons, malgré les différents réalisateurs, comme une seule et même œuvre, ce sont deux chimpanzés, Zira et Cornélius qui, dans Les Évadés de la planète des singes, sont retournés malgré eux dans le passé des années 90. Ce sont ironiquement eux qui deviennent des phénomènes de foire, dans un monde ou les singes ne parlent pas –encore –. La guenon met au monde César, qui sera le meneur de la révolution des singes et le précurseur de la domination simiesque sur les hommes. Nous avons donc affaire à un paradoxe temporel qui ne nous indique pas comment le singe a évolué. Cette absence d’explication peut avoir quelque chose de dérangeant : insinue-t-elle que les singes ont déjà ce potentiel ? Le remake de Tim Burton en 2001 ne sera pas très clair à ce sujet : il faudra attendre le préquel de ce remake - qui est aussi un remake des précédents préquels – , La Planète des singes : les origines (Rise of the Planet of the Apes) de Rupert Wyatt sorti en août 2011. Dans ce film, l’explication est plus logique : les singes ont évolué grâce à une substance destinée à traiter la maladie d’Alzheimer. Ils commencent à mieux communiquer et à s’organiser. Le langage est un élément particulièrement mis en avant dans ce film : certains singes connaissent le langage des signes et beaucoup de scènes laissent les hommes de côté pour s’intéresser aux primates dans leur tentative de libération. Le langage était également important dans le film de 1968, puisque l’astronaute Taylor, incarné par Charlton Heston, est remarqué par les singes pour sa capacité à parler, capacité normalement réservée à l’homme dans notre monde. Remarquons par ailleurs une erreur – ou peut-être un gros indice – de Tim Burton dans son remake : l’astronaute débarquant sur la planète des singes parle la même langue que les autochtones (singes et humains : dans cette version, les hommes n’ont pas perdu l’usage de la parole).
Les points de divergences entre les adaptations sont multiples, mais de grands thèmes jalonnent toutes ses œuvres : la dénonciation du traitement des singes (et animaux en général) en laboratoire, la mise en péril implicite ou explicite de l’anthropocentrisme, la différenciation entre l’humain et l’animal, l’intellect et la nature.
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