Les ruelles étaient un terrain de jeu à part entière. Ce n'était même plus une mission, mais un loisir qui occupait mon temps et me permettait de me délasser tout en mettant en pratique mes techniques de Kempô. D'après Tim, j'avais tendance à utiliser les criminels pour faire passer des affects inconscient. Peu importe, après tout.
Je sautais de toit en toit, le Batjet garé au loin. Je tenais à être toujours discret dans mes déplacements pour m'assurer à prendre d'éventuels criminels sur les faits. A Gotham, le crime ne paie pas.
Je savais que Barlow et Herkley étaient deux ruelles où se faisaient beaucoup de deals de crack. Beaucoup de touristes ou d'étudiants totalement inconscient se laissaient prendre par des aguicheuses qui les menaient droit vers des bandes organisées qui se montraient sans aucune pitié. Ils attiraient les mecs depuis les bars alentours, assurant qu'elles habitait dans un immeuble proche et que le raccourcis était sûr. Comment y résister ? Cette technique avait fait des ravages le mois dernier et fait deux morts, tombés sous des coups et blessures trop lourds.
Les responsables devaient être déterminés et éliminés. Ils étaient nombreux : les dealers de crack, forcément, les femmes qui aguichaient les étudiants, et ceux qui produisaient cette drogue immonde. Black Mask en numéro 1. Démanteler ces racketteurs étaient un premier pas vers Black Mask et l'ensemble de son réseau tentaculaire.
- Allez, dis moi !
- Non... Soit patient.
- Allez ! Je te jure que je me moquerai pas de ton prénom si tu me le donne.
- On verra si tu assures au lit.
- Oh oh tu vas voir. Les mecs de New York sont les meilleurs.
Voila la cible. Toute désignée. Un pauvre New-Yorkais pris par une jolie fille qui lui proposait une aventure d'un soir. Forcément, il n'était pas très beau, mais devait peut-être être assez naïf pour croire que c'était son jour de chance.
Très vite, les choses se gâtent...
- Hey hey hey ! C'est quoi ce canard.
- Oh, cool les gars, on fait que passer.
- Non. On ne fait pas que passer. Désolé, mais je te laisse avec ces gars.
La fille prend la fuite. Ses pas sont assurés : elle connait parfaitement les lieux. Forcément, elle ne se retourne pas et ne veut pas voir le pauvre homme qui croyait en elle se faire taillader le visage pour une centaine de dollars.
- C'est bon les mecs, je suis cool. J'ai pas grand chose sur moi.
- T'es un blagueur non ? Un rigolo ? D'où tu viens ?
- New York... Pourquoi ?
- Ahhhhhh t'es un New Yorkais. On aime pas les New Yorkais ici.
- Ouais mais c...
- Ferme ta gueule. T'sais quoi ? Sors ta carte de crédit. On va aller retirer de l'argent.
Je le vois trembler. Deux hommes surgissent derrière lui et sortent un cran d'arrêt. Son coeur bat, à vue d'oeil. Ses mots sont de plus en plus inexistants, se perdent dans la peur.
Ma cape s'écarte largement. Ils ont instillé la peur ? J'allais lui donner une forme qu'ils allaient définitivement regretter. L'un d'entre eux me remarque, écarquille les yeux et ne parvient pas à ouvrir la bouche. J'atterris, écrase le sol lourdement et fait trébucher la victime New Yorkaise. Alors qu'il tremblote, je me lève en silence et fixe les quatre gangster. Cinq avec celui qui, derrière moi, tente de m’assommer avec une barre à mine. Rapidement, je contre son attaque et lui envoie un direct dans la mâchoire. La protection de mes bras rend son attaque totalement vaine. Il s'abat sur le sol comme un amas informe, perd aussitôt connaissance : j'ai frappé au point d'impact exacte du menton qui permet de déstabiliser le cerveau.
Ses amis me regardent et pensent que leurs couteaux m'effraient. J'avais affronté des invasions extra-terrestres et un crocodile humanoïde de presque trois mètres.
Le premier tente de viser ma hanche. L'autre cible mon visage, la seule partie apparemment sans protection. D'un mouvement unique, j'esquive les deux coups et place un double coup de coude qui les fait reculer jusqu'à atteindre le mur. Le choc les sonne alors que j’enchaîne un double coup de pied : je lance mon pied dans le visage de ma première cible et utilise l'impact pour frapper le deuxième dans un même mouvement, d'un coup de talon violent. Au sol, je fixe l'étudiant et annonce calmement :
- Lève toi, rentre chez toi. Les rues de Gotham sont bien trop dangereuse la nuit tombée...
Il se lève, sans un mot, et court comme un dératé vers la sortie. Pourtant, je n'ai aucune sensation d'achevé, de victoire : ce n'est que le début de ma traque. J'allais démanteler ce réseau jusqu'à ses fondations. J'appelle Gordon, afin que les salauds soient embarqués au poste. Ils n'y resteront pas longtemps, mais seront fiché : probablement le meilleur moyen d'espérer qu'ils se calmeront dans leurs ardeurs, ou qu'ils seront puni par la justice laxiste de Gotham City...
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